Merci d’avoir été là.

Ma décision est enfin prise :

C’est la fin d’Écolo imparfaite.

Je publie ceci pour moi plus que pour vous. J’ai essayé de simplement abandonner le blogue sans rien dire, mais… j’ai vraiment besoin de closure pour passer à autre chose.

J’ai tenté d’expliquer les raisons derrière mon choix sans écrire de roman ou répéter des choses que j’ai déjà écrites ou dites, mais j’ai toujours tendance à écrire plus que je ne parle. Ce que vous vous apprêtez à lire, c’est un résumé de mon premier jet… Mais bon, c’est la dernière fois (ici), hein? 🙈

(Pour illustrer le tout, quelques moments forts de mon aventure)

Lors du premier Festival zéro déchet de Montréal, en 2017! C’était une grosse victoire pour les personnes dans le mouvement zéro déchet à ce moment-là. / De gauche à droite : Laure Caillot, le chef Daniel Vézina, Mélissa de La Fontaine et moi-même.

Trop de job

Avoir un blogue en soi, c’est beaucoup de job. Et encore plus quand on ajoute les réseaux sociaux dans l’équation. Surtout ces deux dernières années : t’es pas sur les réseaux sociaux, t’existes pas (ce que j’ai également remarqué dans ma vie perso, en passant). Je n’ai officiellement plus la motivation ni l’énergie que j’avais pour ce projet.

Pour avoir vécu un burnout à l’été 2019, je ne veux absolument pas en revivre un. Jamais. Et je ne peux plus me permettre de me démener autant pour un projet qui ne génèrera jamais de revenus sans aide externe (que je ne peux pas me permettre financièrement).

J’ai des factures à payer pis faut que j’mange comme tout le monde. Pis c’est définitivement pas avec un blogue écolo et en respectant à la lettre mes valeurs que j’vais gagner ma vie. La seule façon d’y arriver, ça semble devoir devenir un panneau publicitaire. Je trouve ça très contradictoire de promouvoir un mode de vie basé sur la décroissance en incitant mes lectrices et lecteurs à acheter des choses (qui parfois, en plus, ne sont pas si essentielles ou si écolos).

Je ne pourrais pas faire ça pis bien vivre avec. Pis je suis tannée de prendre de mon temps pour refuser des propositions de partenariat; c’est aussi pour ça que j’annonce officiellement la « mort » du blogue. 😉

La médaille que j’ai reçue de l’Arrondissement de Saint-Laurent lors de la cérémonie de l’Ordre des Grands laurentiens, pour souligner mon implication environnementale via ce blogue. Je ne sais toujours pas qui a proposé mon nom à l’administration de Saint-Laurent, et je serais curieuse de savoir. 🙂

Malaise avec le marketing zéro déchet

Pour continuer sur ce dernier point, je remarque dernièrement un engouement pour les termes « zéro déchet » dans le marketing, et je suis de moins en moins à l’aise avec ça.

Ces derniers mois, alors que j’ai réactivé mes comptes sur les réseaux sociaux, j’ai à peine consulté le compte Instagram du blogue (je n’ai pas réactivé Facebook). Avant, c’était un endroit où j’apprenais et je partageais des trucs. Maintenant, ça ressemble à un catalogue des derniers gadgets « écolos ».

Pour avoir eu l’occasion de rencontrer quelques éco-entrepreneurs au fil des années, je sais que la majorité d’entre eux ont de bonnes intentions et veulent vraiment participer au changement en présentant leurs produits réutilisables/recyclables/compostables… Mais j’ai quand même toujours un malaise, particulièrement quand c’est des produits déjà offerts par plusieurs entreprises. Pour vous donner un exemple, ça fait longtemps que j’ai arrêté de compter le nombre de sacs à vrac qu’on m’a proposé de tester.

(Ma publication la plus populaire sur Instagram, c’est une photo d’un petit pot Mason vide… Ça m’a vraiment découragé par rapport aux efforts que je mettais sur mes autres publications)

Au premier Festival végane de Montréal, en 2014, alors qu’être végane était encore un mot inconnu de la majorité des québécois.

Besoin de faire/d’être autre chose

Une des choses dont j’avais le plus besoin pour tourner la page sur Écolo imparfaite, sur ce chapitre de presque sept ans de ma vie, c’était un nouveau projet. J’ai toujours fait quelque chose ou suivi des cours artistiques on the side de mes responsabilités (école, travail) et ne rien avoir me terrifiait.

Ces sept dernières années ont été très difficiles pour moi d’un point de vue professionnel et psychologique (et je commence à être capable d’en parler, mais ça reste des sujets délicats). Le blogue était la seule chose de stable dans mon quotidien, la seule chose qui me donnait envie de sortir du lit le matin. Les deux premières années, c’est ce sur quoi je dédiais mes journées, et parfois même mes nuits.

Quand je revoyais des gens que je n’avais pas vu depuis longtemps, on me parlait de mon blogue. C’était ma nouvelle identité, être l’écolo dans la place et non plus « la fille qui joue de la bass ». C’était flatteur, mais très déstabilisant et weird en même temps.

J’ai l’impression que j’ai encore cette étiquette bien collée dans le front, mais j’ai besoin d’être autre chose aussi. Être écolo, c’est mon mode de vie. Pas ce à quoi je veux automatiquement être associée.

Ça reste terriblement dur de tourner la page sur un aussi gros morceau de ma vie. Ça m’a énormément sorti de ma zone de confort : c’était la première fois que je me mettais autant de l’avant (sauf la première année : j’écrivais « semi-anonymement »).

L’année chaotique qu’on a eue aura au moins eu un point positif dans mon cas : j’ai enfin trouvé mon nouveau projet (musical – je retourne aux sources), et je veux m’y investir comme je me suis investie dans Écolo imparfaite (pas nécessairement en termes du nombre d’heures; on verra ce que 2021 me réserve côté vie professionnelle). Et pour ça, je dois mettre fin au blogue.

En ce moment, c’est ce projet musical qui m’aide à passer au travers des mauvaises journées (de plus en plus rapprochées). Comme le blogue m’a aidé à passer au travers de mes très nombreuses mauvaises journées entre 2014 et 2017.

La fois où ma production de déchets sur SIX MOIS rentrait dans un pot Mason. 🤯

Besoin de prendre soin de moi

Je veux également m’occuper plus de moi, physiquement et mentalement, ce que je n’ai jamais vraiment fait. Et malheureusement, je ne vois pas comment continuer Écolo imparfaite sans que ça me fasse sentir comme de la marde parce que mes publications ne sont pas lues ou partagées (maudits algorithmes).

Peut-être que mes dernières publications étaient moins intéressantes, aussi. Pourtant, certains des articles dont je suis la plus fière sont récents. Mais personne n’a fait la remarque que je suis moins pertinente, donc je sais pas. Pis je ne veux plus me poser la question.

Avec Écolo imparfaite, j’ai des attentes par rapport à la « popularité » de ce que je publie. En recommençant de zéro, j’élimine cette anxiété. Je fais ce que je veux pis je vois ce que ça donne. Comme au début du blogue!

Quand j’ai été une des partenaires principales de la Semaine québécoise de réduction des déchets! C’était la première année que l’équipe derrière l’évènement approchait des blogueuses/influenceuses écolos pour en faire la promotions.

Fait que… c’est ça. Écolo imparfaite, c’est fini.

J’ai partagé ce que j’avais à partager. J’ai appris autant que j’ai pu. Sur l’environnement, l’écologie, WordPress, la rédaction web, la photographie, les réseaux sociaux… Évidemment, je vais continuer de m’informer de mon côté en ce qui concerne l’environnement, mais je ne veux plus baigner là-dedans constamment.

Il est temps pour moi de passer à autre chose. Parce que là Écolo imparfaite stagne pis ça commence à me rendre folle de faire du surplace. Aussi bien arrêter ça là.

Le blogue ne sera plus mis à jour, mais il restera accessible. Mon compte Instagram, quant à lui, sera désactivé de nouveau entre le 31 décembre 2020 et le 1er janvier 2021 à minuit.

Toutefois, je reste ouverte aux entrevues pour celles et ceux (journalistes, étudiants, podcasts, etc.) qui ont des questions sur comment c’était, être zéro déchet, avant que le terme devienne mainstream (#zerowastegrandma) ou autre. Le formulaire de contact du blogue sera là pour les curieux (tous les messages envoyés via le formulaire sont transférés sur ma boîte de courriels, alors je devrais répondre rapidement).

De plus, je ne dirais pas non à quelques contrats de rédaction sur des sujets que j’ai abordés ici. Pour ça, vous pouvez me contacter via mon site web. 😊

Au lancement du premier numéro du magazine végane Versus, en 2015, en compagnie de Mélissa de La Fontaine. C’était la première fois qu’un de mes textes était publié ailleurs et surtout… sur papier (je crois que c’était également le cas pour Mélissa)!

J’ai beau avoir (finalement!) pris ma décision, mettre cette dernière par écrit fait mal. Plus que ce à quoi je m’attendais. J’ai pleuré tout le long de l’écriture de ce texte (et un peu pendant la révision; y’en restait encore un peu).

J’essaie encore de me convaincre que la fin du blogue n’est ni un échec personnel ni un échec professionnel (c’est pas un secret que j’ai essayé d’en faire ma job). C’était la première fois qu’un de mes projets prenait autant d’ampleur, alors qu’attirer l’attention n’était pas l’objectif du tout à la base. Mais ça m’a fait du bien de ne pas me sentir invisible, pour une fois.

Repartir à neuf avec un nouveau projet me fait peur, mais c’est un bon stress. Ça va changer le mal de place. J’ai déjà ben du fun.


Merci de m’avoir aidé à grandir comme citoyenne et humaine. J’espère vous avoir aussi aidé un peu à cheminer à travers mes expériences.

Merci d’avoir été là pour ce chapitre de ma vie. 💚✌️

Julie

2 Comments

  1. Isabelle 27 juin 2021 à 9 h 51

    Salut!

    C’est la première fois que je tombe sur ce blogue en faisant une recherche pour savoir si la crème Belsoy ça goûte bon… J’ai vraiment aimé ton texte de fermeture de blogue et je te souhaite bonne chance et bonheur dans tes futurs projets! Ça prend beaucoup d’énergie et de volonté pour s’investir dans un projet comme tu l’as fait alors félicitations pour cet accomplissement (et merci pour la critique de la crème Belsoy, je trippe pas sur le lait de soya non plus et me demandais si ça allait goûter bon dans ma recette).

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    1. Écolo imparfaite - Auteure 27 juin 2021 à 14 h 32

      Merci beaucoup! La crème de soya, dès que c’est mélangé ça donne de la texture plus que du goût. Et maintenant, je bois principalement du lait de soya; faut croire que c’est un goût qui se développe! 😉

      Répondre

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