Être écolo en colocation : mes expériences

En cette saison du déménagement, j’ai pensé vous partager mes expériences de colocation en étant écolo. C’est dans ce contexte que j’ai commencé à changer mes habitudes, alors oui, c’est possible de joindre les deux.

J’ai eu quatre expériences de colocation depuis mon virage vert. Ma colocation actuelle est celle dont je parlerai plus en détails parce que c’est mon quotidien et parce que c’est la plus écolo que j’ai eu jusqu’à maintenant.

Cet article sera également un partage d’expériences plus que de trucs concrets, quoique j’en aie quelques-uns à la fin du texte. 😉

Colocations passées

Mes trois premières colocations étaient dans le même appartement à Saint-Laurent, un (pas pire grand) 3½ où j’ai résidé de 2013 à 2018.

Avec mon petit-frère (et sa blonde, un an plus tard)

C’est quand j’habitais en colocation avec mon petit frère que j’ai commencé à changer mes habitudes alimentaires et de consommation en général. C’était d’ailleurs la première fois que j’étais en appart (je vivais aux résidences du Cégep de Saint-Laurent avant ça), c’était un bon moment pour bâtir de bonnes habitudes!

J’avoue que ça commence à faire loin, alors je ne me rappelle plus trop quels étaient nos achats communs à part le savon à vaisselle et le papier de toilette.

Ils ne sont pas devenus véganes (ni même végés) ni zéro déchet, mais ils faisaient quelques efforts.

Mais depuis qu’ils ont leur propre appart, mon p’tit frère m’a dit que lorsqu’il fait des muffins, ils sont souvent véganes (il s’inspire d’une recette que j’ai publié il y a quelques années). Ils achètent quelques produits en vrac (farine, sucre, épices) avec leur propres contenants, ils utilisent des filets pour leurs fruits et légumes, ils utilisent des produits ménagers certifiés écologiques (« On n’est pas encore rendu aux produits maison!  » – moi non plus!) et la blonde de mon petit frère utilise un shampoing solide.

Ils aimeraient beaucoup composter, mais la collecte des matières organiques n’est pas offerte pour leur logement (trop d’unités).

Avec une personne

On se croisait rarement de par nos horaires souvent opposés : elle allait à l’université de jour, j’allais à l’université de soir et je travaillais le jour à l’éco-quartier de Saint-Laurent. On faisait donc nos choses chacune de notre côté. À part les dépenses de bases (loyer, électricité et Internet), on n’avait aucune de dépenses communes (genre on achetait chacune notre papier de toilette).

Je sais que la protection de l’environnement est également une cause qui lui tient à cœur, donc on n’a jamais eu de débats houleux à ce propos. On en parlait à l’occasion, mais sans plus.

Notre colocation s’est terminée avant la fin de notre bail, car elle emménageait avec son chum (ils sont mariés aujourd’hui!). J’ai donc eu l’appart à moi toute seule de mars à juillet 2017 (#introvertdream).

Avec une (autre) personne

Cette colocation-là, par contre, ça s’est pas super bien passé même si, encore là, on se croisait rarement. Au moins, ç’a juste été une (longue) année de cohabitation (pis on ne s’est pas quittées en bons termes).

Elle utilisait (souvent incorrectement) le bac de recyclage, mais ne compostait a-rien. Elle jetait énormément de bouffe parce qu’elle faisait des épiceries beaucoup trop grosses pour une seule personne (elle achetait beaucoup de trucs en gros sans en congeler).

À elle seule, elle remplissait la poubelle de la cuisine (42 L, je crois ) à elle seule en une semaine, et parfois plus. J’avais ma propre poubelle, et certains mois j’utilisais encore un pot Mason.

Bref, ça sentait pas toujours bon dans l’appart, pis on avait souvent des mouches à fruit à cause de ça. -_-

Besoin d’un piège à mouche à fruit simple et naturel? J’ai un truc pour toi!

Plusieurs fois par semaine, elle ramenait du resto dans des contenants en styromousse ou en carton trop gras pour le recyclage… mais elle les mettait dans le bac de recyclage quand même. Je récupérais (et nettoyais quand ça sentait) ceux en styromousse pour aller les porter à l’écocentre de Saint-Laurent (plus d’informations ici), et je mettais ceux en carton au compost.

Pire anecdote

Une fois, son fiancé a passé la semaine à l’appart (et je l’ai jamais vu même si j’étais là toute la semaine!. J’avais jamais vu autant de sacs de poubelles s’accumuler aussi rapidement dans une cuisine! Et le bac de recyclage, c’était que des boîtes de pizza. J’avais même pu de place pour mettre le peu de contenants recyclables que j’avais…

Ça m’a au moins montré à quel point j’étais avancée dans mes démarches!

Ah pis des fois, ça prenait deux semaines avant qu’elle sorte ses vidanges et elle laissait les sacs directement au sol. Allô le jus de poubelle sur le plancher de la cuisine (car, je le rappelle, elle ne compostait pas!)…


La plante grimpante dans ma cuisine actuelle.

Colocation actuelle

Avec deux autres personnes

Après avoir passé près de huit ans à Saint-Laurent, j’ai déménagé dans l’arrondissement de Rosemont – La-Petite-Patrie en juillet. Nouvel environnement, nouvelle colocation!

J’ai dû revoir ma routine d’achat et réapprendre ce qui est accepté ou non dans la collecte des matières organiques (eh non, c’est pas pareil partout à Montréal).

On était quatre à cohabiter les sept premiers mois, mais des différents entre deux personnes ont fait qu’une d’elle a déménagé.

Alors, comment ça se passe chez nous en ce moment?

Pollo (le chat d’une de mes colocs, à gauche) et Cathy, ma minette à moi, lors d’un rare moment de rapprochement dans ma chambre.

Achats communs

On essaie de se tenir régulièrement à jour sur les trucs communs dont on a besoin. Soit on l’écrit sur le tableau blanc dans la cuisine, soit on s’écrit sur Messenger (j’ai désactivé mon compte Facebook au début du mois, mais j’ai encore accès à Messenger).

Personne n’a de rôle particulier sur ce point. La personne qui a le temps les faits.

Ce qu’on partage

En dehors des dépenses de base (loyer, électricité et internet), on partage l’achat de certains aliments :

  • Certaines épices et herbes (qu’on achète en vrac)
  • Papier toilette (on achète… le moins cher, et le plus gros paquet possible)
    • Ça passe vite chez nous : on est trois, et une de mes colocs à souvent de la visite.
  • Savon vaisselle et à mains (qu’on achète en vrac)
  • Détergeant à lave-vaisselle (zéro écolo – on a essayé des options plus vertes, mais aucune ne nous convenait)
  • Ketchup (grosse bouteille)
  • Margarine végane

Des fois on achète des trucs en gros et on partage. Par exemple, mes deux colocs partagent un gros bidon de savon à lessive acheté chez Costco. Elles préfèrent les savons parfumés alors que je préfère sans parfum. J’achète donc mon savon à part, en vrac.

COVID-19 : En ce moment, on partage une recharge de 4L de parfum à lessive sans parfum de The Unscented Company (#pascommandité). Mes colocs voulaient l’essayer, alors elles m’ont incluse dans le partage.
Comment les gérer

Pendant le mois, on note chacune nos dépenses commune ou pour quelqu’un d’autre (ex. j’achète du pain pour une de mes colocs). À la fin du mois, on rentre toutes ces données dans l’application Tricount pour séparer correctement les dépenses. On évite ainsi des erreurs de calculs (vraiment pratique pour moi qui est pourrie en maths!).

Sinon, comme je le mentionnais plus tôt, la personne qui a le temps fait les dépenses communes qui doivent être faites. Y’a que les dépenses de bases qui sont payées chaque mois par la même personne, et ces montants sont inclus dans notre Tricount.

Tri des matières résiduelles

Je pense que ce n’est pas une surprise de vous dire que je suis celle qui s’y connait le plus dans l’appart en la matière (pun intended).

On a quelques stations de tri dans la cuisine :

  • Poubelle (duh);
  • Bac de recyclage (re-duh);
  • Bac pour les matières organiques;
  • Bac (+ dessus des frigos) pour les bouteilles et cannettes consignées;
  • Bac pour l’écocentre (piles, ampoules, etc);
  • Contenants pour les stylos qui n’écrivent plus;
  • Sac pour le styromousse et le plastique n°6
    • Pour apporter chez mes parents, qui peuvent ensuite aller le porter à l’écocentre de Hudson!

Quand mes colocs ne savent pas où ça va, elles me demandent toujours si moi je sais quoi faire avec.

Consommation de produits d’origine animale

Toutes mes colocs précédentes* mangeaient régulièrement de la viande, sauf une qui en mangeait très peu. Ça me dérangeait principalement parce que l’appartement était minuscule et que ça sentait beaucoup dans ma chambre qui était juste à côté de la cuisine.

L’appartement que j’habite aujourd’hui est plus grand et les odeurs me semblent moins fortes. Mes colocs mangent souvent plats végés ou véganes même si elles ne le sont pas, donc c’est rare que de fortes odeurs de viande m’incommodent. Y’a juste le bacon que j’ai encore de la difficulté à endurer, mais elles en mangent rarement donc ça va.

*J’ai utilisé le féminin parce que j’ai majorité de mes anciens colocataires étaient des femmes.

Fait maison

Une de mes colocs fait quelques-uns de ses produits corporels (entre autres baumes, crèmes, dentifrice)

Le seul produit commun qu’on fait est notre nettoyant tout usage (la recette ici). Si on peut trouver un produit en vrac, on ne se casse pas trop la tête à le faire nous-mêmes. On opte pour le zéro déchet paresseux. 😛

Cela dit, si vous et vos colocs voulez faire vos propres produits, je vous suggère fortement de jeter un œil au blogue des Trappeuses (je révise certains de leurs articles 😉)!

La fois qu’on a essayé un truc naturel pour éloigner le chat de ruelle qui pisse dans nos fenêtres de sous-sol OUVERTES (ça marche pas).

Gaspillage alimentaire (et déchétarisme)

Pour éviter le gaspillage alimentaire, mes colocs m’offrent souvent des aliments « passés date » parce qu’elles savent que je ne suis pas très difficile là-dessus. Si ça sent encore bon et que la texture est ce qu’elle est censée être, je mange!

Si y’a juste un peu de moisissure, je l’enlève simplement. Ça m’a jamais rendue malade (même que c’est moi qui tombe le moins malade, haha!).

Un ami d’une de mes colocs se nourrit pratiquement que de nourriture récupérée dans les poubelles de commerces. Il partage ses surplus, alors on en bénéficie à l’occasion.

Initiatives de mes colocs

  • Plus de stations de tri
  • Bidet dans la salle de bain au sous-sol
  • Potager en bacs dans notre cours en garnotte (y’en a une qui essaie en tout cas!)

Comment trouver un bon match de colocs écolos?

Publier une annonce sur des groupes Facebook écolos

Si ce genre d’annonce est permis sur chacun des groupes, évidemment!

J’ai trouvé ma colocation actuelle grâce à une publication sur le groupe Zéro déchet de Montréal. J’étais modératrice du groupe à l’époque, et une autre modératrice qui savait que je voulais déménager m’a tagguée dessus.

Si vous la publiez également dans des groupes généraux de recherche de colocs ou des sites comme Kijiji, mentionnez dans votre annonce que vous préférez cohabiter avec une ou des personnes qui font ou qui aimeraient en faire plus pour l’environnement.

Avant de désactiver mon compte Facebook, j’ai vu passer le groupe Éco-colocatio au Québec. Allez y jeter un œil lors de votre prochaine recherche de colocataires!

Pour trouver un groupe écolos dans votre région, consulter la liste sur la page Ressources du blogue.

Sensibiliser ses colocs

Si vos colocs sont moins « verts » que vous, n’essayer surtout pas de les forcer à changer leurs habitudes. C’est le pire moyen d’y arriver!

Invitez vos colocs à vous poser des questions : mes colocs le font régulièrement! Si vous ne connaissez pas la réponse, cherchez-la ensemble (en commençant par ma page Ressources). 😉

Vous pouvez aussi chacun faire une liste des habitudes que vous avez déjà adoptées et de celles que vous aimeriez adopter. Ainsi, vous pourrez voir dans quelle(s) sphère(s) vous pouvez vous entraider.

Avantages à ce que tous fasse sa part

Dans le cas où vos colocataires sont réticents à changer leurs habitudes, voici quelques arguments pour essayer de les convaincre (sans les forcer, hein!) :

  • Moins de déchets qui rentrent dans l’appart, moins on a sortir les vidanges!
  • Certaines habitudes peuvent être plus économiques : acheter en gros pour partager, par exemple.
  • Avoir un objectif commun, ça resserre les liens!

Envie de partager une expérience de colocation écolo? Des trucs pour encourager ses colocs à être plus verts? Les commentaires sont là pour ça! 😉


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